Systèmes de Transport Intelligents (STI)
En huit ans, le nombre de décès dans les accidents de la route en Côte d'Ivoire a quasiment doublé, atteignant 1 500 victimes en 2020. Au regard de ces chiffres inquiétants, le pays s'est doté d'un système de transport intelligent qui vise à favoriser le changement progressif de comportement des usagers de la route.
En Côte d’Ivoire, les indisciplinés de la route savent désormais à quoi s’en tenir en cas d’infraction au Code de la route. Le lundi 6 septembre à Abidjan, le ministre des Transports Amadou Koné (photo) a procédé, au cours d’une conférence de presse, au lancement de la phase répressive de la vidéo verbalisation sur la voie publique.
Cette étape, qui fait suite à une période initiale de 3 mois de sensibilisation, vise selon le gouvernement « à contraindre les mauvais chauffeurs à respecter le Code de la route et à réduire les accidents de la circulation ». Et ce conformément à la stratégie nationale de la sécurité routière adoptée en Conseil des ministres le 7 juillet 2021.
La métropole d’Abidjan a été choisie comme terrain test pour cette nouvelle phase. Dans le cadre de la mise en œuvre pratique du Système intelligent de gestion de la circulation routière (projet STI), la ville tentaculaire s’est vue dotée de 140 radars, nombre que le gouvernement entend porter à 200 d’ici la fin de l’année.
A en croire le ministre des Transports, cette innovation fait de la Côte d’Ivoire la pionnière en Afrique de l’Ouest dans l’utilisation des TIC pour lutter contre l’incivisme routier. « Grâce à ce dispositif technologique, les agents de police peuvent constater à distance, sur un écran de contrôle, une infraction au Code de la route. L’auteur est notifié par un SMS de l’infraction commise et de la contravention qui en découle », a fait savoir Amadou Koné.
De manière concrète, le propriétaire du véhicule en infraction a la possibilité de payer sa contravention via mobile money. Toutefois, si le contrevenant refuse de s’exécuter, il existe des possibilités de l’appréhender physiquement. Les infractions prises en compte dans la base de données de la vidéosurveillance vont de la circulation sur la partie gauche de la chaussée, en marche normale, au non-respect des signaux en passant par les excès de vitesse et les dépassements non réglementaires.
« Avec ce dispositif, la Côte d’Ivoire aura des conducteurs de nouvelle génération, plus consciencieux, plus respectueux du Code de la route et des principes liés à la conduite routière », estime Ibrahima Koné, directeur général de Quipux Afrique, société à participation publique (35% du capital détenu par l’Etat ivoirien) en charge de la mise en place du STI.